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Le Théâtre de Verre, un rêve brisé?

Nous sommes conviés à une représentation de la pièce "Les Pas perdus" qui doit se tenir au Théâtre de Verre, un squat parisien situé depuis 2 ans au 25-27 rue de l’Echiquier dans le 10ème arrondissement de Paris.
Cette pièce est jouée par une troupe de théâtre amateur essentiellement composée d'avocats qui ont bénévolement défendus les acteurs du squat lors de la procédure d'expulsion initiée contre eux par les pouvoirs publics.

Lorsque nous pénétrons dans ce lieu, c’est un univers fait à la fois de diversité et d’harmonie que nous découvrons : une “idée du Paradis” me dira une amie ...

Nous apprenons que ce squat est dirigé par Luis Pasina. Séduits, nous demandons à le rencontrer.
Pour notre plus grand bonheur, Luis Pasina est une personne rare, un artiste entier, passionné, désintéressé et d’une humilité désarmante. Son art qu’il qualifie volontier de populaire s’inscrit dans le quotidien des gens puis s’enrichit et évolue au gré des réactions du public.

L’impression que nous avons eue au cours de nos différentes visites, rejoint le souhait de Luis Pasina : faire de la friche une oeuvre d’art en elle-même, un ensemble à la fois ouvert, cohérent et modulable à l’infini. Lieu de travail, d'exposition et de représentation, toutes les formes d’art y sont accueillies et exprimées, arts plastiques, danses, théâtres, musiques, performances diverses et intrigantes.
Il est intéressant d'observer de quelle façon les artistes lors de leurs performances utilisent souvent le décor et le squat tout entier comme composante de leur oeuvre. (Cf photos)

Contrairement au squat La Générale que nous avons décrit dans notre précédent article, le Théâtre de Verre est sans cesse en hyperactivité et les artistes bien qu’affairés sur leurs oeuvres ou leurs préparatifs ne rechignent jamais à accorder aux visiteurs un moment pour discuter et expliquer leur travail.
Juste après la représentation théâtrale à laquelle nous venons d'assister, une jeune danseuse que nous observons nous invite spontanément et chaleureusement à visiter l'arrière-salle du squat où des artistes fignolent la décoration de leurs costumes et de leurs instruments pour le carnaval antillais qui devait avoir lieu le lendemain.
Lors des vernissages ou des représentations, des buffets géants sont organisés. La rencontre avec l'artiste se fait ainsi simplement et en toute convivialité. Parfois les repas sont introduits par un conteur africain qui nous raconte une petite histoire avant de nous rejoindre à table. Chacun y met du sien pour servir, cuisiner, débarrasser et aller de son petit commentaire.
Luis Pasina nous explique son souci de faire participer le public à la vie du squat, ils sont conviés à revenir, à faire part de leur réaction ou même à donner un coup de main.

La réalité rejoint notre fantasme. Pourtant dans le même temps, une autre réalité nous rattrape et nous indigne profondément : l’équipe du Théâtre de Verre est expulsable au 16 août et les pouvoirs publics refusent obstinément de négocier ou de leur accorder la moindre subvention malgré le fait que ce lieu ne sera pas exploité pendant six ans. Cette attitude est d’autant plus injuste que dans le cas du Théâtre de Verre la situation de précarité de ses intervenants justifie amplement une aide des pouvoirs publics. Luis Pasina et ses compagnons artistes sont des personnes sérieuses, travailleuses et méritantes qui proposent un vrai projet (http://www.theatredeverre.org/page1-co-arter.htm) : ils sont organisés en association (co-arter) et une Assemblée Générale a lieu toutes les semaines pour fixer l’emploi du temps des vernissages et représentations et prendre les décisions, ils s’autofinancent en proposant une adhésion au public (plus de 8000 adhérents). Mais ils sont les victimes de ce système qui veut malheureusement que les intérêts financiers de quelques personnes bien placées priment sur l’art et sur l’effort.

Les forces de l'ordre ne sont pas encore intervenues. Le squat est toujours en place mais pour combien de temps encore?
En tout état de cause, nous avons décidé de suivre Luis Pasina et le Théâtre de Verre et de les soutenir ... Et vous?

A suivre...

 

Article rédigé par Fenna Baouz  (publié le 21 août 2006)


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Infos lieu :
Association co-arter / Théâtre de verre
http://www.theatredeverre.org